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 I was ready to turn the page but the page can't turn. || Warren

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MessageSujet: Re: I was ready to turn the page but the page can't turn. || Warren   I was ready to turn the page but the page can't turn. || Warren Icon_minitimeJeu 18 Avr - 14:35

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Où est passé la vérité ? Qui croire ? Comment savoir ? Qu’est-ce qui se passe ? Suis-je devenue folle ? Ai-je un problème ? Est-ce ainsi que la vie a décidé de me torturer ? Qui croire ? Je suis perdue. C’est simplement impossible. Le médecin… Il m’a annoncé qu’il était mort. Pourtant je suis là dans ses bras. Je sens son torse bouger à chaque respiration. Il me berce. Il se soulève puis revient à la normale. Il respire. Warren respire. Il n’est plus un tas de cendre. Il est là, contre moi à respirer. Il est vivant. Il est vivant et pourtant ça ne semble pas réel. J’ai vécu avec son fantôme. J’ai vécu avec son ombre derrière moi. Il envahissait mes nuits et mes jours. Il hantait mes rêves et me murmurait de douces paroles pour m’endormir. Il était présent dans mon cœur, mon âme et ma tête. Il m’a envahie. Il m’a détruite. Sans lui, sans cette présence insupportable j’aurais sans doute pu avancer. Mais c’était impossible. Il était toujours là. Il me rappelait nos bons moments. Il m’a épargnée. Il m’a évitée de tomber au plus bas quand je souffrais. À chaque fois que j’étais au bord de la rupture, à deux doigts de craquer, je me disais que ce n’est pas ce qu’il aurait voulu. Lui et mes parents auraient souhaité que je continue d’avancer. Pour leur rendre hommage… Parce qu’ils n’ont pas eu la chance de goûter à la vie un moment de plus… Alors ils auraient souhaité que je le fasse pour eux… C’est comme ça que j’ai tenu pendant cette année des plus difficiles. Mais maintenant que je veux à nouveau lâcher les armes, il est là. Encore une fois… Mais celle-ci semble plus réelle que n’importe quelle autre. Il n’est pas comme dans mes souvenirs. Son visage est blessé, son teint est livide, il semble moins fort… Je ne comprends pas… Si je l’imagine de toute pièce alors pourquoi n’est-il pas comme dans mes souvenirs ? Vous savez j’ai composé son numéro de téléphone des millions de fois, juste pour entendre le son de sa voix. Je l’écouté pour m’endormir. Je l’écoutais tous les jours. C’était mon seul moyen de croire qu’il était encore vivant. Comme s’il était parti en voyage ou qu’il n’avait plus de batterie… Sauf qu’un jour, le numéro n’a plus été attribué. Ils ont tout effacé. Et j’avais beau composé les chiffres dans le bon ordre, ça n’avait plus aucun sens. Sa voix avait disparue. Il n’était définitivement plus là. Alors j’ai commencé à oublier le son de sa voix. J’ai perdu son numéro. J’étais incapable de m’en remémorer. J’étais obligé de regarder une photographie pour me souvenir avec précision des formes de son visage. Il n’était plus qu’une image… Une image qui commençait à perdre du sens. Il était mort et j’étais seule.

Alors comment puis-je croire à un tel miracle ? Pourquoi m’a-t-il fait ça ? Comment a-t-il pu croire une seule seconde que ce serait mieux pour moi ? Où était-il ? Comment a-t-il fait ? M’a-t-il oublié ? A-t-il des remords ? Veut-il repartir ? Met-il le même parfum ? Des tas de questions se bousculent dans ma tête. Je ne sais que croire, que penser… Faut-il seulement avoir de l’espoir ?
Warren prend ma tête entre ses mains. Il m’oblige à plonger mon regard dans le sien. Ce geste me tort à nouveau le ventre. J’ai envie de fondre en larmes. Ses mots me transpercent. Je n’arrive toujours pas à comprendre son geste. A-t-il seulement pensé aux conséquences ? Avait-il prévu de revenir un jour ? Voulait-il vraiment m’abandonner ?

« Comment as-tu pu croire une seule seconde que je serais mieux sans toi ? Comment as-tu pensé que je tournerai la page aussi vite ? Je t’aime Warren. T’étais ma seule et unique famille. Du jour au lendemain je me suis retrouvée seule… Abandonnée… Comment as-tu pu croire que je m’en sortirais sans toi ? Il n’y avait que toi. Il n’y a eu que toi… Je n’ai jamais aimé quelqu’un avec autant de force… Ne l’ai-je pas assez montré ? » Et si tout cela était ma faute ? Peut-être que si j’avais été plus claire, il aurait su que ce n’était pas la peine de fuir. Jamais je n’aurais pu lui en vouloir pour un accident. Au contraire, c’était ma faute… J’aurais dû m’imposer et conduire un peu… J’aurais dû ne pas le déconcentrer en posant ma tête contre son épaule… C’était ma faute… Ce n’était pas à lui de disparaître. Ce n’était pas à lui de porter ce fardeau, cette honte, cette culpabilité… Il aurait dû savoir que n’importe quelle épreuve ne pouvait nous séparer. Rien, ni personne n’en a la force. Lui et moi nous étions indestructibles. Notre amour était plus fort que tout…

Je n’arrive pas à comprendre. Je ne veux pas comprendre. C’est trop dur, trop douloureux. Mes yeux plongent dans les siens. Pourquoi est-ce que je parle de notre amour au passé ? Il n’est jamais mort… C’est juste que… S’il a fui peut-être qu’il le refera. Peut-être qu’il a rencontré quelqu’un lorsqu’il était loin de moi. Peut-être qu’il s’est rendu compte que ses sentiments pour moi n’étaient plus les mêmes. Et moi ? Suis-je encore amoureuse ? Oui… Mais pourrais-je lui pardonner ? Pourrais-je faire comme s’il ne s’était rien passé ? Je porte toujours son anneau autour de mon cou. Une petite chaine le retient au chaud contre mon cœur…. Quoi que… Non… Tout à l’heure je l’ai arrachée… Mes yeux se détachent de ceux du jeune homme et glissent juste à mon poing, toujours fermé. Ma main s’ouvre délicatement, comme une fleur, entre nos deux corps. Apparaissent alors une chaine et deux petits anneaux. Je commence à tremble. Mon regard ne peut se détacher du bijou.
« Cette bague représente notre union, notre amour. L’amour que je te porte. Je pourrais remuer ciel et terre pour toi, je pourrais…» Comme un robot je commence à citer mot pour mot ce que Warren m’avait dit lorsque, à genoux, il m’avait tendu cette bague. Je m’arrête de réciter son discours et regarde à nouveau mon texan. « J’ai besoin de toi…»

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MessageSujet: Re: I was ready to turn the page but the page can't turn. || Warren   I was ready to turn the page but the page can't turn. || Warren Icon_minitimeSam 13 Avr - 23:51

    Elle ouvrit les yeux. Elle paraissait fatiguée, limite abattue. Elle semblait avoir maigri. Je m'en voulais. Atrocement. J'avais déjà fait des erreurs dans ma vie, mais celle là je ne pourrais jamais me la pardonner. En une année, je n'étais sans doute pas la seule chose qui a dû l'affaiblir, mais il y a bien eu une bonne goutte d'eau pour pousser Hope au bord de l'océan avec pour objectif de se laisser couler, et de ne plus rien affronter. Je n'arrivais même pas à poser des mots sur l'état dans lequel je me sentais. La honte se mêlait à la peur, en traversant la culpabilité en plein cœur.

    A travers ses pleurs, je décelais toute la peine qu'elle éprouvait. Autant, cette histoire n'avait pas été simple de mon côté, mais du sien je n'arrivais pas à me l'imaginer. J'avais quitté Miami, mais elle y était restée. Chaque endroit où nous étions allés pouvait lui rappeler des souvenirs qu'on avait vécu ensemble. Quant à moi, au fin fond de l'Oregon, les paysages étaient différents. Seule ma conscience pouvait me rappeler les souvenirs avec Hope, et c'était déjà atroce. Elle pleure. N'y crois pas. Elle a l'impression de rêver, mais non je suis bien là en face d'elle. Elle n'arrivait pas à parler, abasourdie par ce qui lui arrivait. Elle tapa mon torse de poings fermes. Ça me faisait mal, mais je la laissais faire. J'encaissai ses coups douloureux avec mes côtes cassées pour me punir de ce que je lui avais fait subir. Je fermai les yeux, laissant les larmes couler sur mes joues chaudes. Elle s'effondra sur moi, en sanglot. Je resserrais mon étreinte, passant mes bras autour d'elle, protecteur. Elle disait que ce n'étais pas possible. Elle le répétait, et le répétait encore, comme pour essayer de s'en convaincre. Je déposai un baiser sur ses cheveux blonds. Je ne savais que dire, mais sans doute que tous les mots du monde n'étaient pas suffisants pour exprimer ô combien j'étais désolé. J'avais tellement rêver de ce moment, le jour où j'allais enfin pouvoir la prendre dans mes bras. Le jour où je sentirais son odeur, et la chaleur de son corps. Le jour où je la retrouverais. Le jour où je serais enfin heureux. Cette femme était tout ce dont j'avais besoin dans ma vie. Elle était tout ce que j'avais, et tout ce que je voulais avoir. Je comprendrais qu'elle ne veuille plus de moi aujourd'hui, et qu'en une année, elle ait eu le temps de retrouver quelqu'un. Quelqu'un qui aurait pris soin d'elle, comme j'aurais dû le faire. Je reculais ma tête, et pris son visage entre mes mains.

    Je ne pourrais jamais assez m'excuser pour ce que je t'ai fait. J'ai honte... Si tu savais. Horriblement honte... Je me sens coupable de ce que tu allais faire à l'instant, et je m'en serais jamais pardonné. Je comprendrais que tu ne veuilles plus être avec moi à présent. Mais.. Sache que je t'aime toujours autant. Quand je te vois là tout de suite maintenant, ça me rappelle le premier jour de notre rencontre. Et même si ton physique était différent, ton regard est le même. Je suis un enfoiré. Je n'ai jamais été aussi heureux qu'en étant avec toi, et pourtant, j'ai fuis. Je ne comprends pas moi même pourquoi j'ai fait ça...

    Les larmes coulent encore, plus sincères que jamais. J'ai envie de l'embrasser. De sentir la chaleur de ses lèvres. De redécouvrir leur parfum. Je n'ai plus envie de la quitter. Jamais.
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MessageSujet: Re: I was ready to turn the page but the page can't turn. || Warren   I was ready to turn the page but the page can't turn. || Warren Icon_minitimeSam 6 Avr - 18:22

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Il me suffit d’oublier cette présence. Il me suffit de l’ignorer et je serais enfin délivrée. Je n’aurais plus à subir la douleur et la peine. Je serais enfin libre. Ignorer la présence. Garder les yeux fermés. Continuer d’avancer vers l’océan. Ce n’est pas compliqué. Ce n’est pas si compliqué. Je sais que j’en suis capable. J’ai simplement peur. Alors je m’invente cette excuse pour ne pas franchir le pas. Je me berce de douces illusions pour rester à pourrir sur Terre. Je ne veux plus ! Et pourtant je ne suis pas capable d’aller plus loin. Je l’entends respirer. Je sens presque son contact. C’est comme s’il était vivant, juste là à mes côtés. Pourtant c’est impossible. Je me souviens de ce qu’a dit le médecin. « Toutes mes condoléances, il est décédé suite à ses blessures. » Il m’avait dit que le cœur était allé à la morgue quelques jours plus tôt. Comme ils n’arrivaient pas à joindre de la famille et qu’ils ne savaient pas quand j’allais me réveiller, ils ont brûlé son cœur. Ils ont… Je suis allée au cimetière. Je me souviens de tout cela ! Ce n’est pas une vulgaire invention de mon esprit ! Je n’ai pas rêvé tous ces évènements. C’était bel et bien réel. Alors non… Il ne peut pas être là. Il ne peut pas me parler. Il ne peut pas respirer. Il est mort. Bel et bien mort. Il a quitté ce monde. Il m’a laissé seule et je m’apprête à le rejoindre. Lui, mes parents, Chase, Drake et tous les autres. Je vais enfin les revoir. J’ai une pensée pour mon LittleBlueBoy, j’espère qu’il comprendra. Il est désormais le seul à connaître toute mon histoire dans les moindres détails. Le seul à connaître mon enfance, mes secrets et mes peines. J’espère qu’il comprendra. J’espère qu’il fera un beau discours. Le mieux se serait une chanson avec sa guitare… Je suis sûre qu’il y pensera car dans le fond c’est ce qui nous a réunis en premier lieu. Et puis… Si je mets fin à ce cauchemar, je stoppe enfin ma soi-disant malédiction. Je ne causerai plus jamais rien de mal. Plus personne ne mourra à cause de moi. Ça au moins c’est une vérité…

C’est fou ça, je ne pensais pas que ça se passerait comme ça. J’ai l’impression d’avoir tant vécu et pourtant… Pourtant personne ne sera à mon enterrement. J’ai l’impression d’avoir quarante ans, d’avoir tout vu, tout vécu et pourtant… J’ai soufflé ma dix-huitième bougie au mois de juillet. Le visage tendre d’Edgard me revient à l’esprit. Que dirait-il de tout cela ? Qu’aurait fait Warren si nos rôles étaient inversés ? Aurait-il choisi cette solution ?

Alors que je pense à lui, je le sens encore plus présent. Des mains se posent sur mes épaules et sa voix résonne alors tout prêt de moi. Il m’assure qu’il est vivant, qu’il ne me quittera plus. Il me dit qu’il est parti et qu’il n’aurait pas dû, qu’il connait ma souffrance. « Je t’aime.» Mon cœur s’arrête. J’ai rêvé de lui des millions fois. J’ai essayé de me souvenir de sa voix, son parfum, ses mots. J’ai voulu revivre nos aventures, nos soirées, nos conversations. J’essayais sans cesse de le faire revivre à l’aide de ma mémoire. Mais il y avait toujours quelque chose qui manquait. Ce n’était pas authentique. Les émotions n’étaient pas là. La chaleur, la douceur, le son de sa voix, le goût de ses lèvres, sa chaleur…
Alors que là… Le ton était exacte… Il avait eu la même manière de prononcer ces sept petites lettres. Le même ton, la même voix, la même façon de respirer avant de le dire, la même prononciation, le même accent, la même aspiration du « e ».

Mes paupières s’ouvrent instantanément. Il est là, devant moi comme un ange. Mon cœur s’emballe. Ses mains se posent sur mes joues me faisant frissonner. Il est là. Il me touche. C’est… C’est impossible ? Comment ? Les morts ne revivent pas ? Il n’a… Il n’a pas pu disparaître et revenir en un claquement de doigt ! Les médecins ont dit qu’il était mort ! Ils l’ont dit et répété ! Ils m’ont donné des cendres ! Ils m’ont décrit ses symptômes quand nous sommes arrivés… Ils n’ont pas pu mentir ! Les docteurs jurent sur je ne sais plus quoi ! Je deviens folle ! C’est ça ! Je deviens complètement folle ! J’ai une tumeur au cerveau ? Elle me fait voir ce qui n’existe pas ! Il a l’air si réellement… C’est sans doute que je suis vraiment malade ! Non… Il n’existe pas… Il ne peut pas…
Pourtant son visage est différent… Je lui ai inventé des cicatrices. Elles sortent de nulle part. Elles parcourent son visage. Elles… Elles sont un peu comme les miennes, synonyme d’un passé douloureux. Il est si pâle… Je dois faire peur. Je pèse une dizaine de kilos en moins. Mes cheveux sont emmêlés. Je n’ai plus remis de maquillage depuis des siècles. Mes larmes coulent en même temps que celle de Warren.

« C’est… C’est impossible ! » Je refuse d’y croire. J’aimerai, profondément, mais je ne peux pas me laisser berner par ce faux Warren. Je secoue la tête de gauche à droite tout en pleurant. « t’es… mort … tu peux pas… tu… t’es pas là… c’est pas possible Warren… » Je n’ai jamais eu mal. J’ai l’impression que l’on m’arrache le cœur petit bout par petit bout. J’ai envie de vomir tellement la douleur est insupportable. « Non… non… Pourquoi… Non… non…» Ma gorge est coincée dans un étau. A chaque fois que mes yeux plongent dans ceux de cette vision, je pleure encore plus. « Tu peux pas…» Mes poings fermés viennent cogner contre le torse du jeune homme. Je le frappe doucement. Ou plutôt aussi fort que ma douleur me le permet. Et je finis par m’effondrer dans ses bras en larmes. Non, ce n’est pas possible. « Non… C’est pas possible…» Je répète ces quelques mots en boucle.


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MessageSujet: Re: I was ready to turn the page but the page can't turn. || Warren   I was ready to turn the page but the page can't turn. || Warren Icon_minitimeMer 3 Avr - 18:20

    Certaines choses sont plus dures à vivre que d'autres. Certaines vous font du bien, elles provoquent en vous une plénitude intense, un bonheur profond, un bien-être incommensurable. D'autres ont le don démoniaque de vous détruire, de vous lancer dans une détresse sans fin. Elles vous poussent dans le néant. Vous tombez lentement, vous blessant sur les petites branches incapables de vous retenir. Plus vous arrivez vers le fond, plus la sensation étrange d'une mort certaine se fait ressentir. Ce n'est pas quelque chose, ou quelqu'un qui va vous tuer. C'est le choc. Vous n'arrivez plus à vous relever. Les consolations de certains ne prennent plus de sens. C'est trop tard. Vous avez déjà l'impression de mourir de l'intérieur, de se consumer , à petit feu, tout doucement, à la vitesse d'une cigarette. La cendre tombe. La cendre c'est une partie de vous. Et arrive le filtre. Le filtre qu'on jette. Qu'on laisse tomber par terre. Seul. Et très lentement, vous sombrez, vous vous enfermez dans votre bulle. Vous vous sentez tel un déchet, sans aucune prise de goût à la vie. Vous ne côtoyez plus personne, et les personnes qui vous parlent encore, ont l'impression que ça va mieux. Parce qu'ils ne vous comprennent pas. Ils ne peuvent pas ressentir votre douleur, votre mal-être votre désespoir. Ils n'en n'ont pas conscience puisque leur vie est parfaite. Ils n'ont pas à se demander comment ils vont manger le soir même, ils n'ont pas à se demander comment ils vont dormir, ils n'ont pas à se remettre en question sans cesse, à cause d'acte débiles et dénués de tout sens certain. Tout ça, ils ne connaissent pas. Et comme si c'était plus facile pour eux, ils vous laissent périr. Tout seul. Au final, on est toujours tout seul. On meurt seul.

    Hope s'était rendu à mettre un terme à sa vie. Et si j'étais arrivé deux minutes plus tard ? Je ne l'aurais plus jamais vu. Je n'aurais pas eu la possibilité de la sauver. Elle pensait même que j'étais une hallucination ! Je me mis en face d'elle, lui tenant les épaules.

    Hope ! C'est bien moi ! Je suis réel ! Je suis vivant ! Je suis en face de toi, et je te quitterais plus jamais. Tu n'as pas besoin de faire ça, je sais que tu souffres, je suis désolée... Je n'aurais jamais du partir, j'aurais dû être là pour toi, je te l'avais promis... J'ai pensé que ça serait plus facile pour toi de te remettre de l'accident sans moi, parce que j'ai manqué de te tuer. Je t'aime. Je n'ai cessé de penser à toi durant cette année de terreur. Je suis.. désolé, tellement ! Pardonne moi, par pitié...

    Les pleurs, les paroles, tout se mélangeait. Dans ma tête, tout se confondait. Elle allait se suicider. J'ai manqué de la tuer, et désormais je suis là pour la sauver. Je caressais son beau visage, il était si pur, si beau.
    Son parfum embaumait l'air, et me rendait heureux. Je n'aurais jamais imaginé la retrouver dans ces conditions, mais d'un côté, je l'avais un peu cherché... Je n'avais pas à l'abandonner. J'espérais la raisonner, la réveiller, la convaincre que c'était vraiment moi.
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MessageSujet: Re: I was ready to turn the page but the page can't turn. || Warren   I was ready to turn the page but the page can't turn. || Warren Icon_minitimeMar 2 Avr - 19:30

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Et si vous viviez votre dernière seconde, vous feriez quoi ? Si vous aviez la chance de savoir, que feriez-vous ? Vers qui se tourneraient vos pensées ? Quelle serait votre dernière action ? Les gens rationaux ont souvent les mêmes réponses. Déclarer sa flamme à celui qu’on a toujours aimé en secret. Faire l’amour. Partir loin. Boire un verre d’alcool, fumer une dernière cigarette. Ressentir des sensations fortes. Casser la gueule à ce connard de patron. Se faire la folie d’acheter je ne sais quel produit de luxe. Manger le meilleur repas au meilleur restaurant… Ils ont tous un souhait. Ils ont tous quelque chose à faire. Un rêve fou, une volonté que l’on n’a jamais osé faire dans le présent. Quelque chose que l’on remettait toujours au lendemain…
Je me sens comme un condamné. Aujourd’hui je dois me rendre sur la chaise électrique. Aujourd’hui je connais pertinemment la date de ma mort. Je ne m’éteindrais pas dans mon sommeil avec une lignée de petits enfants derrière moi. Je ne mourrais pas d’une crise cardiaque lors d’un saut en parachute. Ma vie ne me quittera pas dans un accident de voiture. Je ne pourrais pas dire que je ne l’avais pas vu venir. Parce que je sais. Je sais que c’est maintenant la fin. On est arrivé au bout. Et j’ai le choix. Pas le choix du dernier repas. Non… Celui de la dernière seconde. A qui puis-je penser ? Quel visage me sautera aux yeux quand je déciderais de franchir le pas.
C’est lâche. Je sais bien que c’est l’acte le plus lâche qu’il puisse exister. C’est égoïste. Je m’occupe de mon petit bonheur, de mon mal être. Je me fous complètement des autres. Qui est-ce que ça pourra intéresser ? Je veux mourir. Ma vie n’a plus de sens. Ma vie en a-t-elle eu un ne serait-ce qu’un jour ? Il est impossible de revenir en arrière. Je n’arrive plus à avancer. Alors, quoi faire ? Continuer de se battre ? Non… Cette bataille je l’ai perdue depuis bien longtemps. Je suis perdue. Je suis maudite. Laissez-moi mourir ! Je ne peux même pas demandez la paix… Parce que je ne partirais pas le cœur léger… Mon cœur est sombre, lourd, frêle. J’ai l’impression d’être enfermée dans cette prison qu’est mon corps. Laissez-moi sortir. Vous n’avez pas voulu me libérer, alors laissez-moi m’évader.
J’ai cru que mon geôlier avait décidé de me sortir de là, plusieurs fois. Il donnait la clé aux personnes les plus incroyables qui puissent être. Et ils ont ouvert les portes de mon âme. Ils y ont pénétré. Ils mon soigné avant de tenter de m’en sortir. Ils ont voulu me libérer… Oui, voulu… Dans le fond, aucun n’a réussi. Il y avait toujours cette ombre pour les kidnapper quand la mission était sur le point de terminer. À chaque fois que j’allais passer le seuil de la sortie, on m’y repoussait violemment.
Aujourd’hui j’ai compris. Ce geôlier, cet être maléfique me torturant depuis des années, il ne s’appelle pas Destin. Non… J’ai enfin compris. Je vois enfin son vrai visage. Et ce visage… C’est le mien. Je suis le gardien de ma propre prison. Détenu et gardien… La solution semble si simple maintenant. La petite fille aux rêves de ballerines m’hante. Elle me torture. Elle vient me rappeler ce que j’étais. Elle vient me jeter aux yeux la vérité. Mes choix m’ont menée ici. Mes décisions ont toujours tout gâché. Je suis la coupable de ce que je vis.

Alors dans cette dernière seconde avant que je saute dans l’océan, j’aimerai ne penser à rien. Je ferme les yeux et avance tout doucement. Mon souffle est lent. Je sens l’air quitter mes poumons pour y revenir dans un ballet infernal. Dans quelques secondes l’eau aura remplacé l’air. Elle envahira mon corps. Je la laisserais entrer. Je ne dois pas lutter.
Les paupières ainsi closes, je prends conscience de mon corps. Il s’est si affaibli depuis un an. Une dizaine de kilos en moins, des cicatrices clairsement ma peau, celle-ci est devenue bien trop pâle pour ne pas inquiéter. Mes cheveux volent au gré du vent. Le soleil frappe durement ma peau.
Ma main serre un peu plus les deux anneaux métalliques que je ne parviens à lâcher. Mes ongles s’incrustent dans ma peau. Mes phalanges blanchissent. Mon autre main se crispe. Mes baskets avancent lentement sur le sol du port. Je ne veux pas savoir combien de centimètres il me reste.

Et voilà… C’est la dernière ligne droite. Le moment où malgré mes efforts, la voix de ma mère remonte à la surface. Comme si les vagues transportaient ses mots. Elle est là-bas à l’autre bout de la planète. Elle m’attend. Si loin et si près en même temps. Je veux tellement la rejoindre. Être avec elle, dans ses bras. M’y blottir et pleurer. J’entends mon père aussi. Son rire… Si puissant, si fort, si grave… La mélodie de mon premier ballet de classique rythme leurs mots. Ils sont prêts à m’accueillir. Je le sens, je le sais au plus profond de moi. Je peux y aller, ils ne me rejetteront pas.

Un son étranger à tout ça vient obscurcir le tableau. Des bruits de pas pressés. Trop réels. Trop forts. Je ne veux pas y penser. Mais brusquement quelque chose vient stopper ma course. C’était là, dans mon dos. Des larmes… D’amères larmes… Un bruit trop dur à accepter. Puis… « Je suis… Tellement désolé… Hope… Je… Je ne te mérite pas… Je suis un monstre… Pardonne moi je t’en supplie…» Cette voix. Je ne la reconnais pas. Je ne veux pas la reconnaitre. Ce n’est qu’une illusion.

Je tremble dès l’or comme une feuille. Tout ça n’existe pas… Mes parents, Warren… Aucun d’eux ne me parle. Il faut que j’avance.
Je lutte pour garder les yeux ouverts. Si je l’ai ouvre, je constaterai ce maudit tableau. Je serais toujours aussi seule sur la jetée du port. Il n’y aura que moi et mon sac à mes pieds. Mon corps doit flotter au milieu des pages déchirées de mes carnets.
« Tu peux le faire Hope… Ça n’existe pas… Ça n’existe pas… Avance, avance, avance, avance, avance…»

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MessageSujet: Re: I was ready to turn the page but the page can't turn. || Warren   I was ready to turn the page but the page can't turn. || Warren Icon_minitimeLun 1 Avr - 22:04

    Je me réveille. Tout est flou. Ma vision est trouble, mon corps lourd. J'ai froid, mais j'ai chaud en même temps. Suis-je mort ? Non. Je ne suis pas mort, des visages effarés me regardent. J'entends des mots, des paroles, de voix différentes. Je ne saurais si elles proviennent d'un homme ou d'une femme. Je vois juste une lumière, trop puissante. Tout m'aveugle. Je ferme les yeux. Qu'est-ce-que j'ai fait ? Où suis-je ? J'essaies de parler, mais le seul mot qui sort de ma bouche est un prénom. Celui de ma fiancée. Où est-elle ? Blouse blanche. Des médecins ? Un hôpital. J'ai l'impression de sentir la moitié de mon corps, comme si mes jambes avaient disparues. Je tente de bouger mes mains. Elles sont à peu près réceptives. Mes esprits reviennent, après quelques minutes. Je suis bien dans un hôpital, les médecins me disent que j'ai eu de la chance de m'en sortir. Je demande où est ma femme. C'est ma seule préoccupation. Pitié, dites moi que je ne l'ai pas tuée... On me dit qu'elle ne s'est pas encore réveillée, et que je ne peux pas la voir pour l'instant mais qu'elle est sortit d'affaire. Je me lève, les médecins me demandent de rester allongé. Je demande juste de la voir, même pas à son chevet, je veux juste la voir. Voir que vous ne me mentez pas. Ils m'amènent. J'ai manqué de la tuer. Je ne peux pas rester ici. Je ne pourrais plus jamais la regarder en face. J'ai failli provoquer sa mort. Je suis un imbécile. Un enfoiré. J'aurais dû être attentif à la route ! J'aurais dû regarder ! J'aurais dû voir les autres véhicules ! Elle est belle. Si belle. J'ai fait de sa vie un cauchemar. Je ne peux pas rester. Je regarde les médecins, épouvanté. Je leur demande de me faire passer pour mort : Je vous donne un million de dollar, à chacun de vous, je fais un don d'une somme incroyable à l'hôpital, faites moi passer pour mort je vous en supplie. Occupez-vous bien de ma femme, je vous en prie, faites qu'elle rentre chez elle, saine, en bonne santé. Merci. Ce sont les dernières volontés d'un mort...
    Tous me regardent, comme si je venais d'une autre planète. Bien sûr, dans ce monde tout est question d'argent. Et un fortuné qui propose un million de dollar contre disparition définitive, ça ne se refuse pas. Je prends mes affaires, et demande à embrasser ma fiancée. Ils m'autorisent. D'un pas lent, sans assurance, pleurant, titubant, je m'approche d'elle. Son visage est plein d'égratignures... Je me penche vers elle, et lui dépose un dernier baiser sur son front, des larmes coulant sur mes joues. Je lui murmure un je t'aime, et je m'en vais.

    Le sentiment de culpabilité, tout le monde l'a. Celui qui te ronge au point de t'en bouffer les doigts. Celui qui fait en sorte que tu fasses des cauchemars toutes les nuits. Celui qui te pourrit la vie. Celui qui fait que tu n'as plus jamais été le même. Celui qui t'as changé et qui a fait que tu t'es renfermé sur toi même, pensant le monde plus meilleur une fois qu'on ne peut plus le regarder en face. Celui qui fait que tu fuis. Que tu aimerais te crever les yeux plutôt que d'accepter tout ça. Celui qui te rends fou au point de ne plus pouvoir aimer ou même sourire. Seulement, se faire passer pour mort. Laisser sa fiancée sans personne. C'est lâche. Je suis mort de honte. Et pour cause.. pendant de long mois, je n'ai pas pu regarder mon reflet. J'étais mort de honte... Mais, après ça, je n'aurais jamais pu regarder le visage de Hope sans penser à ce que je lui ai fait. Et sans doute que partir tel un voleur n'a pas dû arranger sérieusement la situation...

    Repenser à tout ça me fait atrocement souffrir. Désormais, j'ère les rues de Miami. Le bruit de la ville me rend sourd. C'est atroce le nombre de choses qui s'accumulent. Les gens qui se bousculent, les gens qui crient, les gens qui parlent, rigolent. Le bruit des voitures, des moteurs qui vrombissent. S'éloigner. Partir là où tout a commencer. Sur la plage, au bord de la mer. Là où j'ai rencontré mon ange. Pour la première fois. Y penser me fit sourire. Un réel sourire, comme j'en avais plus eu depuis des lustres. Je préférais nettement le bruit des vagues et l'air marin, à celui pollué de la ville. Un ponton en bois s'avançait vers la mer. J'allai au bout. Je restai, pensif quelques minutes assis, contemplant la mer. J'aimais l'idée qu'on n'en voyait jamais le bout. Les couleurs virevoltaient, le vent soufflait. C'était paisible. L'envie me prit de marcher au bord de la mer. Je me levai donc, et partit. Je vis quelqu'un au loin. J'avançais de quelques pas. Une blonde. Hope ? Je marchai plus vite, je reconnaissais sa voix, elle pleurait, je me mis à courir. Elle était là ! Mon coeur battait la chamade, je ne sentais plus de douleur, plus rien. Je tombais à ses pieds. Je pleurais, à chaude larme, toute la souffrance que j'avais accumulé pendant une année. Je déversais tout, incapable de regarder Hope, incapable de parler.

    Je suis... tellement désolé... Hope... Je.. Je ne te mérite pas.. Je suis un monstre.. Pardonne moi je t'en supplie...
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MessageSujet: I was ready to turn the page but the page can't turn. || Warren   I was ready to turn the page but the page can't turn. || Warren Icon_minitimeLun 1 Avr - 18:57

Gost and memories



Cher journal. Je n’ai pas écrit depuis un long moment. À vrai dire je ne voyais plus le sens de tout ça… Un psy m’avait dit un jour qu’écrire était un bon moyen pour voir notre évolution. On se rend compte des absurdités qui encombraient notre esprit dans le passé… E

Je m’arrête soudainement d’écrire. À quoi ça rime tout ça ? Sans vraiment réfléchir j’arrache la page, la froisse et la jette au sol. C’est complètement stupide, ridicule, pitoyable. Que vais-je écrire ? Que je ne me sens pas mieux ? Que j’ai rencontré des bonnes personnes ? Que je ne sais à qui accorder ma confiance ? Que je doute perpétuellement de moi ? Que malgré les actes, les mots, les gestes qu’on a pu avoir à mon égard, j’ai toujours profondément envie de me gaver de médicaments ? Qu’est-ce que ça peut faire ? Ça n’a aucun sens. Aucune signification. Aucun but précis. Je mériterai de tout jeter, d’envoyer valser ce stupide carnet. Et tous les autres aussi !



J’avance dans les rues de Miami. Je ne regarde personne. Mes yeux rivés au sol admirent les pavés. Les palmiers s’amusent à dessiner des ombres sur les trottoirs. Les conversations pleuvent dans tous les sens. Les freins des voitures crispent aux feux rouges. Les téléphones sonnent. Les cuillères cognent bruyamment dans les tasses de café. Les bruits se superposent. Ils ne forment qu’une masse bruyante. Plus j’avance sur l’asphalte, plus j’ai l’impression que les bruits augmentent. Ils pénètrent dans ma tête, ils me rendent folle. Je veux les oublier. Je veux tout oublier. Je serre de toutes mes forces les lanières de mon sac. Il est lourd. Je le porte comme un fardeau. Fardeau dont je vais bientôt me débarrasser. J’ai tout essayé. Tout. Tout sauf… Sauf me détacher de tous mes souvenirs. Si je supprime tout. Peut-être que… Mes yeux arrêteront de se poser constamment sur un objet me rappelant tout ce que l’on a pu vivre. Si je brûle mes photos, que j’efface toutes les données de mon ordinateur, que je déchire mes journaux intimes, que je vends les affaires de Warren… Peut-être que je me sentirais mieux ? Qui sait ?
Je continue d’avancer sans me retourner, ni m’arrêter. Je me sens capable de baisser les bras à tout moment. Je ne peux pas. Je dois le faire. C’est maintenant ou jamais. Si je veux aller de l’avant je dois… Est-ce vraiment la solution ? Me voilà dans le doute. Je doute constamment. Je me sens ralentir contre mon gré. Non… Non ! Je dois le faire. Je veux le faire.
J’avance sur un ponton du port. Voir tous ses voiliers amarrés me rappelle Alfred. Un frisson parcourt mon corps en y repensant. Qu’est-il devenu ? Est-il toujours vivant ? A-t-il eu une nouvelle vie ? S’est-il souvenu de ce jour comme je m’en rappelle encore ? J’aurais aimé lui dire toute la vérité pour qu’il ne se sente plus coupable. Il est l’un des rares hommes à être entré dans ma vie. Et avec lui aussi il y a eu de nombreuses complications. Qu’ai-je fait pour mériter tout ça ? C’est complètement injuste ! Chase est décédé. Alfred a disparu. Warren s’est envolé. Drake est mort. Et mes parents… Ils me manquent tellement.

Je secoue la tête et continue d’avancer jusqu’à me retrouver face à la mer. J’entends les vagues venir s’écraser et mourir sous mes pieds. Je laisse tomber mon sac au sol. Je m’y assois et regarde un instant le ciel. Comme si je pouvais y trouver des réponses… Il fait beau, près de 27°C, quelques nuages, des rayons de soleil… C’est une journée ordinaire. Pourtant j’ai l’impression que mon monde est beaucoup plus sombre. Je frissonne. J’aurais peut-être dû mettre autre chose qu’un vieux short en jean déchiré. Mon vieux sweat ne réchauffe que le haut de mon corps. Au moins il peut cacher l’épave que je suis devenue.
J’attrape mon sac, l’ouvre et ressort l’un de mes vieux journaux intime. Je l’ouvre. Mes yeux tombent machinalement sur des phrases que j’aurais préféré ne jamais lire. Je m’étais pourtant juré de ne pas les lire… Mais c’est plus fort que moi. Je suis une imbécile ! À l’époque je ne pensais qu’à moi, à mon petit bonheur personnel. Oh mon Warren, on chantera des chansons ensemble jusqu’à notre mort. On étudiera ensemble. On vieillira ensemble. On se mariera un jour. On aura des enfants. On ira sur la plage en nous remémorant notre rencontre. On aura une maison en bord de plage ! On ira à Londres pour retourner sur les traces de mon enfance.

Une violente vague de colère secoue mon corps. J’arrache page après page et les jette dans l’océan.  Quelle conne j’ai été ! Comment ai-je pu me faire tant d’illusion ! Ce n’est que le passé ! Rien que le passé. Comment puis-je m’accrocher à ses souvenirs ? J’étais idiote et aveugle. Je ne me rendais compte de rien.
Je ne suis rien. Je ne vaux rien. Tout ça mérite de partir en fumée. J’attrape un nouveau petit carnet et lui administre le même sort qu’au précédent. Mes cris se mélangent aux larmes qui envahissent mon chagrin. Les vagues remuent alors des pages clairsemées d’encre. Celle-ci se mélange, se dilue, disparait… J’aimerai tellement qu’il en soit de même pour ma peine.

Je m’arrête et arrache le collier que je porte depuis un an autour de mon cou. Deux anneaux. La bague de Valentin offert à Paige lors d’un voyage à Las Vegas. Et celle de Warren. La bague de fiançailles. Le soleil se reflète sur le métal et vient m’éblouir. Mes paupières se ferment machinalement. Mon poing serre les deux anneaux.
Je sais que ça ne servira à rien. Jeter tout ce qui me fait penser à lui, ce qui est absolument tout, ne m’aidera pas à me sentir mieux. Ce n’est pas l’objet qui compte, c’est la valeur sentimentale que je lui apporte. Tout me fera penser à lui. Les objets… Ce n’est que superficiel. C’est ce que la société a fait de nous. De plus, j’ai déjà voulu faire ça. J’ai tout recommencé à zéro avec une nouvelle identité, une nouvelle histoire, une nouvelle tête… Ça n’a rien changé. Mes problèmes n’ont fait qu’empirer depuis ce choix radical.

Je lève le poing en arrière. Je n’ai qu’un geste à faire. Je dois simplement les envoyer se noyer dans l’eau. Mais ça… C’est beaucoup trop dur… Sinon… Il y a une autre solution… Faire un pas. Sauter dans l’eau. Ne pas remonter.


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