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 Kalinka [Raphaël dit "Joseph"]

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MessageSujet: Re: Kalinka [Raphaël dit "Joseph"]   Kalinka [Raphaël dit "Joseph"] Icon_minitimeMar 15 Nov - 15:32

Et bah putain, celle-là, il ne s'y était pas attendu. Elle avait répondu à toutes ses questions. Toutes, sans exceptions.Ou presque. Bon, pas toujours avec précision, mais elle... elle avait répondu quoi ! Elle avait pris la peine de se fatiguer pour ça. Lui qui s'était attendu à ce qu'elle le remballe vulgairement... Dans de pareilles circonstances, ce n'était même plus vraiment divertissant, de la chercher. Alors soit cette fille était complètement idiote, soit... soit elle était carrément soumise ! Parce que ce n'était pas normal. Et...

OUCH !
Vingt ans ? Cette fille avait vingt ans ? Non, non. Pas possible. Elle faisait franchement plus jeune. Bon, pas cinq ans de moins non plus, mais quand même. Enfin, à ce sujet là, mieux valait ne pas faire de réflexions. Quant à sa phrase, il l'approuvait effectivement. Soit. Elle voulait couper court à la conversation. Il ne l'en empêcherait pas. Mais avant...

- Avant d'apprendre à te battre, tu ferais mieux d'apprendre à te défendre. Hey !

Les doigts de Raphaël se refermèrent fermement sur le poignet de la Mistinguett et il la tira légèrement en arrière, histoire de la contraindre à se retourner, une dernière fois.

- Sans rancune.

Voilà. Terminé.
Sur ces sages paroles, il regagna le vestiaire, s'empressa de se débarrasser de ses vêtements boueux et de ses bandages salis avant de sauter sous une bonne douche. Brûlante, ce qu'il préférait. Propre comme un sous neuf, réparé et rhabillé, il attrapa son sac par une lanière et le plaqua contre son dos, s'enfuyant vers le réfectoire. Parfait. Il avait faim, et à cette heure il n'y aurait pas beaucoup de file.

Poumpoudoum. Un plateau, une assiette et des couverts. Des patates. Hm, la viande, là, elle a l'air bonne. Et...

- Non mais t'as décidé de me pister ma parole ?!

Et Katina, juste devant lui.
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MessageSujet: Re: Kalinka [Raphaël dit "Joseph"]   Kalinka [Raphaël dit "Joseph"] Icon_minitimeLun 14 Nov - 21:01

«Pourquoi broyer du noir ? Une raison particulière ? Ou juste une crise d’adolescence ? D’ailleurs, il y a une nuance que j’ai du mal à saisir. Pourquoi t’es retournée chez ta mère juste pour ça ? Chez ton père, ça marchait pas ? Enfin j’dis ça, j’dis rien, mais Los Angeles c’est quand même carrément mieux que Kaliningrad, Moscou ou Saint-Pétersbourg. Hm. Et c’quoi ces nouvelles habitudes ?»

Trop de questions. Beaucoup trop de questions. Et moi, je te demande quel traumatisme t'as eu dans ton enfance pour être aussi crétin ? Je soupire.

«On ne t'a jamais fait remarqué ton indiscrétion ? Non, ce n'était pas une crise d'adolescence. J'aurais préféré. Non, chez mon père ce n'est plus possible. Los Angeles, ce n'est plus possible.»

Non, ce n'est plus possible. Je n'ose même pas imaginer les dégâts si j'y remettais les pieds.

«C'est à Moscou.»

Je marque une pause. Je ne sais même pas pourquoi je prends la peine de lui répondre. Peut-être en pensant qu'il finira par me foutre la paix. J'en doute. Mais je ne lâcherai pas le morceau pour autant. Il n'en saura rien. Si quelqu'un savait, que m'arriverait-il ensuite ? Et qu'est-ce qu'on peut y faire ? Il paraît que c'est fini. C'est bien ce qu'on m'a dit à LA. C'est fini. Je ne le reverrai plus, n'est-ce pas ? Alors pourquoi je continue à faire autant de cauchemars ? Pourquoi je n'arrive plus à dormir plus de trois heures ?

«Chez ma mère. C'est à Moscou qu'elle vit. Les nouvelles habitudes consistent tout simplement à ne pas rester son fardeau. Je pense qu'une personne aussi "forte" que toi peut être accord avec le fait que c'est juste pathétique d'avoir vingt ans et rien fait de sa vie.»

Je ne me trompe pas, non ? Il a bien tenté de me montrer sa supériorité depuis la première heure, non ? Alors il est fort ? Plus fort que moi, en tout cas, ça j'en suis persuadée. N'importe quelle personne qui vit ici est de loin plus forte que moi. Alors pourquoi s'acharner à me le rappeler ?

«Sur ce, je pense que nous avons chacun bien besoin d'une douche et d'un repas...»

Je m'apprêtais donc à regagner le vestiaire des filles...
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MessageSujet: Re: Kalinka [Raphaël dit "Joseph"]   Kalinka [Raphaël dit "Joseph"] Icon_minitimeLun 14 Nov - 19:52

- Ah…

Et c’était tout. Tout ce que Raphaël avait trouvé à répondre à sa jeune interlocutrice. Ou du moins, à sa réflexion. Oh, il aurait pu approfondir davantage la question, car il était visible comme le nez au milieu de la figure qu’il la mettait mal à l’aise, mais il n’était pas encore tombé aussi bas dans l’art d’emmerder son monde. Il garderait bien précieusement cette carte-là pour une nouvelle engueulade. Pour cette fois-ci, il serait donc aussi bref que lorsqu’il avait bêtement haussé les épaules à la « rien d’plus banal », alors qu’elle lui demandait comment était Seattle. Après tout, il n’y avait pas grand-chose à dire sur cette ville. A part qu’elle était grande et… civilisée.

Dans un sens, pourquoi se fatiguerait-il à être sympa avec cette fille. Elle était Russe. Il avait du faire équipe avec elle. Deux fois ! Dont une avec un foulard rouge. Et surtout, surtout ! Elle l’avait appelé Joseph. Puis il avait mal au ventre, et mal au bras, et un peu la nausée aussi. Alors… pas de quartiers.

- Pourquoi broyer du noir ? Une raison particulière ? Ou juste une crise d’adolescence ? D’ailleurs, il y a une nuance que j’ai du mal à saisir. Pourquoi t’es retournée chez ta mère juste pour ça ? Chez ton père, ça marchait pas ? Enfin j’dis ça, j’dis rien, mais Los Angeles c’est quand même carrément mieux que Kaliningrad, Moscou ou Saint-Pétersbourg.

Surtout que Saint-Pétersbourg.

- Hm. Et c’quoi ces nouvelles habitudes ?
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MessageSujet: Re: Kalinka [Raphaël dit "Joseph"]   Kalinka [Raphaël dit "Joseph"] Icon_minitimeLun 14 Nov - 17:46

«Nop. J’suis né à Seattle.»

Seattle, à l'ouest... Genre assez au Nord de Los Angeles, mais pas assez éloigné à mon goût. De toute façon, même ici, je suis bien trop près de la Californie. Tss...
Il y a bien un truc qui m'intrigue dans cette réponse mais, je ne saurais dire quoi. M'enfin, je ne suis jamais allée à Seattle, je ne sais pas comment c'est.


«Et j’suis arrivé ici cette année seulement. Ca fait quoi ? Deux semaines ?»

Ah ouais, il est tout neuf dans le coin lui. Je suis donc pas la seule nouvelle. En comptant l'absente au nom japonais, Naka... Naka... tu-Naka-venir-pour-que-je-retienne-ton-nom, nous sommes au moins trois.

«Seattle. Jamais eu l'occasion d'y aller. C'est comment ?

«J’ai pas compris.»

«Pardon ?»

«Ce que tu as voulu dire, avant.»

«Ah, ça.»

Il cherchait la petite bête encore ou c'était de la simple curiosité ? Toujours est-il que je ne peux pas être très précise. Va falloir faire clair et vague à la fois, sympa le challenge...

«Disons que se réfugier est un euphémisme pour dire s'enfermer chez sa mère et broyer du noir. J'espère que c'est assez précis. Bref. Et comme je disais, je suis là pour me battre, ou autrement dit adopter de meilleures habitudes.»

En plus d'être fatiguée, je me sentais de moins en moins à l'aise en compagnie de Farès. Je crois que je préférais encore lorsqu'on s'engueulait et qu'on était d'accord pour ne pas se voir ni se parler.
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MessageSujet: Re: Kalinka [Raphaël dit "Joseph"]   Kalinka [Raphaël dit "Joseph"] Icon_minitimeLun 14 Nov - 16:30

Elle répondit, calme et tranquille. Cette fille n’était décidément pas rancunière pour un sous. Du moins, en apparence. Mais peut-être considérait-elle la vengeance comme un plat à déguster glacial ? Dans la caste des personnes qui calmaient les soupçons pour mieux poignarder dans le dos. Ouais… Mieux valait rester méfiant. Un Raphaël sur ses gardes en valait deux. Soit. Elle expliqua en quelques mots, sans étalages superflus, qu’elle avait en réalité quitté le pays à deux reprises. Pour la scolarité, ok. C’était une sage décision, selon lui, même s’il ne comprenait pas pourquoi avoir attendu onze ans ? Oh, quelle importance de toute manière ? Ca ne le regardait pas. Mais ce qui le démangeait, c’était plutôt cette histoire de refuge. Comment pouvait-on se retirer sur cette terre maudite ? Il n’y avait pas grand-chose d’apaisant, là-bas. Un Poutine hypocrite et l’histoire d’un massacre. Super, l’ambiance.

Elle ajouta qu’elle était revenue aux Amériques pour se… battre ? Le garçon fronça un instant les sourcils, tourna la tête vers elle. De toute évidence, elle n’était pas là pour prêter ses forces (quelles forces, de toute manière ?) à une patrie. Alors quoi ? Que cherchait-elle ? S’il y avait une nuance à saisir dans son discours, il ne la percevait pas. Néanmoins, il n’ajouta rien. Encore une fois, ce n’était pas ses affaires. Et elle ne lui en laissant pas le temps, lui retournant en quelque sorte la question. Le patriote haussa brièvement les épaules.

- Nop. J’suis né à Seattle.

Officiellement, c’était totalement ça.
Officieusement, c’était un mensonge. Mais ce détail-là, elle n’avait pas besoin de le savoir. Comme personne dans cette maudite ville, hormis cette maudite Anglaise.

- Et j’suis arrivé ici cette année seulement. Ca fait quoi ? Deux semaines ?

Bon, l’hésitation c’était plus pour la forme. Comment oublier ça ? Le coup avait été marqué par un bel éclat armé dans les marécages. Le début des festivités.
Bref, ça au moins, c’était totalement vrai. Malheureusement, soit dit en passant, dans la mesure où il aurait clairement préféré être ailleurs. Tout ça à cause de cette petite peste et de… de beaucoup de choses, en fait. Mais que de la merde.

Une… deux… trois… quatre… cinq…
Bah ouais. Que pouvait-elle répondre à ça ? Rien. Il n’y avait rien à répondre. Cette conversation était plate. Comme la ville. Comme cette école. Comme l’ambiance. Comme le régime russe depuis la fin de la dynastie. Comme cette chanson. Comme…

- J’ai pas compris.

Euh, genre préciser la pensée, c’était mieux, peut-être.

- Ce que tu as voulu dire, avant.
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MessageSujet: Re: Kalinka [Raphaël dit "Joseph"]   Kalinka [Raphaël dit "Joseph"] Icon_minitimeLun 14 Nov - 0:34

«Allez, viens. On y va.»

Bonne idée, j'en ai marre de rester ici. Attendre le temps qui passe, ça n'a jamais mon fort. Et je l'ai assez fait ces deux dernières années au fond de mon lit. Broyer du noir ne m'a pas réussi. Nous nous dirigeons vers le gymnase avec la distance qu'il faut pour ne pas être tentés de s'étriper à la moindre remarque ou regard de travers. Bon, ok, on s'est calmés depuis tout à l'heure mais, je ne lui fais pas confiance. Qui me dit qu'il ne changera pas d'humeur d'une seconde à l'autre ?

«Pourquoi t’as quitté la Russie ? Enfin j’demande ça, simple curiosité hein.»

«Et bien, disons que je l'ai quitté deux fois. La première à l'âge de 11 ans pour faire ma scolarité dans une bonne école à Los Angeles, là où vit mon père. La deuxième fois...»

Comment lui répondre sans faire tout un roman. C'est une question de dingues ça ! Pourquoi ai-je quitté la Russie ? Lui qui me jugeait par le simple fait que je sois à moitié russe. Lui. Lui, il me demande pourquoi ? Déjà, rien que le fait qu'il soit curieux à mon sujet, cela m'intrigue mais alors, une question comme celle-là, qui comporte le mot Russie sans adresser le moindre soupçon de cynisme, sans les mots communisme Staline et rouge. J'avoue que je suis très surprise.

«La deuxième fois, j'ai fait une pause de deux ans en Russie. Pour faire court, c'est la faiblesse à laquelle tu faisais si bien référence plus tôt qui m'avait poussée à m'y réfugier. Mais bon, il faut se battre un jour ou l'autre, n'est-ce pas ? C'est pour ça que j'ai, une nouvelle fois, quitté la Russie.»

Il va rien comprendre et il va encore se foutre de ma gueule. Il va rire aux éclats ou alors il va tout simplement déverser son cynisme à la noix sur moi. Me battre ? Je me fous de la gueule de qui, moi ? Oui, je veux, je désire ardemment me battre contre ma faiblesse, mes cauchemars sanglants et le souvenir de cet homme. Je voudrais être assez forte pour me construire. Faire des études, avoir un métier et ne pas finir comme une loque qui erre on ne sait où.

«Et toi, tu es natif de Miami ? Ça fait longtemps que tu es élève à Wynwood ?»


HRP : tu me diras s'il faut que j'en rajoute~
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MessageSujet: Re: Kalinka [Raphaël dit "Joseph"]   Kalinka [Raphaël dit "Joseph"] Icon_minitimeDim 13 Nov - 22:08

Elle n’avait pas… ? Les sourcils de Raphaël se froncèrent instinctivement et ses pupilles suivirent Katina du regard. D’un pas fébrile, elle était allé se chercher un verre d’eau qu’elle porta aussitôt à ses lèvres. Elle… n’avait pas protesté ? « Moi non plus. Comme quoi j’ai un peu plus de capacités que je ne l’aurais cru. » Et c’était tout. C’était tout ce qu’elle avait dit. Elle n’avait rien ajouté de plus. Pas de sarcasme, pas de critique, pas de pique. Rien de tout ça. Elle lui avait juste… donné raison. Il haussa un sourcil, secoua brièvement la tête. Elle devait être complètement claquée, pour en être réduite à cela. Au moins, dorénavant, il savait comment la calmer. Elle s’en alla discuter avec la prof, lui se remplit un nouveau gobelet. Au lieu de l’engloutir, il jeta son contenu sur son visage. Ca faisait un putain de bien ! Il le jeta dans la poubelle. La fille était allée s’assoir sur un banc. Lui préféra s’étirer un moment. Il n’avait pas vraiment envie de flirter toute la semaine avec le délice des courbatures.

Sa ‘séance’ achevée, il s’allongea simplement sur la pelouse, face vers le ciel. Bon, il ne devait plus rester bien longtemps avant la fin du cours, si ? Patience, donc. Du bout des doigts, il se mit à masser les muscles de son bras gauche. Soupir. Il bailla. Il ferma les yeux, les rouvrit. Croisa les bras, tourna la tête dans un sens, puis dans l’autre, soupira. Bougea un pied, remonta ses jambes, les allongea à nouveau. Décroisa les bras, étira ses doigts engourdis, soupira encore. Bordel, qu’est-ce qu’il pouvait faire chaud ! Tiens… Katina, ça sonnait pas un peu comme Kalinka ? Ah non, pas cette chanson ! Il se redressa.

- Hum… excusez-moi ? Mademoiselle…

Merde. Comment déjà ?

- Stendal ?
- Standel.

Boh.
Elle allait pas faire chier pour une inversion, si ?

- Standel. Il reste combien de temps encore ? Avant la fin du cours, j’veux dire.

Elle regarda sa montre, calcula.

- Un peu plus d’une heure, jeune homme.

QUOI ? Une heure ?! Elle se foutait de sa gueule, pas moyen. Néanmoins, il ne le fit pas remarquer. C’était évident qu’elle était sérieuse. Mais… une heure quoi. Qu’est-ce qu’il allait encore foutre pendant tout ce temps là, à part se tourner les pouces ? Il poussa malgré tout un soupir.

- Et quoi ? On doit rester ici à vous regarder zieuter l’horizon ? ‘y a pas moyen qu’on fasse autre chose ?
- Rien de prévu, désolée.
- Et je pourrais pas genre… aller me changer ? Et laver. Y’a pause midi après, de toute manière.
- Eventuellement, oui. Allez-y.

Super. Elle il l’aimait déjà. Il s’apprêta à prendre la route.

- Mais prenez votre camarade avec, vous n’allez pas la laisser là…

Nan, en fait c’était une chieuse, comme les autres. Pestant intérieurement, mains dans les poches, il regagna la Mistinguett en solo sur son banc. Elle faisait presque misérable, comme ça. Il aurait pu lui lancer une pièce. D’un signe de tête, il désigna les bâtiments qui se dessinaient au loin.

- Allez, viens. On y va.

Pas de formes d’usage. Il prit la route sans l’attendre. Un pas. Deux pas. Trois pas. Trente pas. Soixante. Cent. Trois minutes. Le trajet lui avait semblé plus court à l’allé.

- Pourquoi t’as quitté la Russie ?

… ou pourquoi est-ce qu’il fallait qu’il déteste autant le silence ?

- Enfin j’demande ça, simple curiosité hein.
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MessageSujet: Re: Kalinka [Raphaël dit "Joseph"]   Kalinka [Raphaël dit "Joseph"] Icon_minitimeDim 13 Nov - 16:41

«Pas mal, ta nouvelle coupe.»

Je repensais au nouveau nom que je lui avais attribué, une insulte pour n'importe qui, et ne lui tenais donc pas rigueur de sa remarque qui, de plus, se révélait juste. Mes cheveux avaient fait une sacrée fiesta dans cette course folle. Eux qui étaient noués en queue de cheval il y a quelques minutes, tombaient de parts et d'autres du visage en mèches, tandis que certains étaient encore attachés. Je devais avoir l'air d'une furie.
J'avais eu droit à un bon bain de boue et devais ressembler à une véritable furie à défaut d'une nymphe des bois mais, peu importe, on est en sport, pas dans un défilé. Mon apparence est bien le cadet de mes soucis. D'ailleurs, en pensant à mon terrible look, et à la réplique de Raphaël, j'avais plutôt envie de rire.
Mais je fus coupée par la surprise lorsqu'il me tendit sa main. Pardon ?
Bon, pourquoi pas, je lui serrais alors.


«Bien joué, Katina.»

Ah bah ça alors. Pas rancunier lui. Il a fait tout le boulot et j'ai droit à un "bien joué" malgré tout.

«Je te retourne le compliment, Farès. C'est toi qui a tout fait.»

Un vrai sourire sur son visage. Ce garçon aurait-il un cœur ? Je m'étonne d'autant d'humanité lorsqu'il ajoute.

«Je m’attendais pas à c’que tu tiennes encore sur tes pattes.»

«Moi non plus. Comme quoi, j'ai un peu plus de capacités que je ne l'aurais cru.»

J'étais lessivée mais encore debout. C'est ce que certains appelleraient un miracle. De plus, je venais de réaliser que je n'avais pas encore touché à une seule goutte d'eau tandis que Raphaël en avait vidé genre deux. Je me dirigeais vers les gobelets et me servais un verre que j'engloutis. Ah que ça fait du bien !

Cela fait dix bonnes minutes que nous sommes là et, personne n'est encore arrivé. Combien de temps vont-ils mettre encore ? Dans combien de temps se termine notre cours ? J'allais voir mademoiselle j'ai-oublié-son-nom et lui demandais combien de temps il restait avant la fin du cours. Encore une heure et quart, d'après sa montre. Nous avions couru trente-cinq minutes.
Qu'allons nous faire pendant trente-cinq minutes ? Je ne pose pas la question, sinon on va nous faire faire d'autres activités et je n'en peux plus.
Je m'assis sur un banc en attendant la fin.
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MessageSujet: Re: Kalinka [Raphaël dit "Joseph"]   Kalinka [Raphaël dit "Joseph"] Icon_minitimeDim 13 Nov - 16:04

Joseph ? Raphaël fronça les sourcils. Cette pute des bas quartiers venait de l'appeler Joseph ? Et dans cette réflexion, elle ne faisait certainement pas allusion au père de Jésus. Non, non. Bien sûr que non. Elle prenait Joseph Staline en exemple, sans aucun doute. Ce petit merdeux de dictateur tyran Russe. Pour toute réaction, le concerné tira avec brusquerie sur leurs bras liés. En espérant qu'elle l'ait bien senti. Qu'est-ce qu'elle pouvait le saouler celle-là, avec ses remarques à la con ! Oh, mais elle allait très vite cesser. Et si c'était nécessaire, il n'aurait aucun scrupule à la contraindre par la force. Sortis du premier tunnel, il l'attira vivement vers lui, plantant son regard perçant dans ses prunelles océans.

- Appelle-moi encore une fois comme ça, et j'te jure que j'accélère encore. cracha-t-il. J'espère que t'as compris.

Pas un mot de plus. Il reprit la course. Un saut, nouveau plongeon. Encore un saut, encore un plongeon. Et l'épreuve continua ainsi, jusqu'au final. Là, les deux étudiants couverts de boue reprirent leur fuite vers la seconde borne. Ou plutôt : le garçon continua à trainer la fille à sa suite. C’était un mur d’escalade, maintenant. Une, deux, une, deux. « Kalinka, ka… ». Pshhht. Pas de ça. Arrivés en haut, les élèves devaient sauter et atterrir sur un mousse placé en bas. Pas de temps pour le vertige, l’hésitation et la délicatesse. L’Américain empoigna plus fermement le bras de son ennemie-coéquipière et s’exécuta. PAF. Ils atterrirent en un rien de temps à destination. Le brun serra brièvement. Bordel ! Saloperies de lancements de merde ! Et conasse de Hope Blackwood. L’une des blessures par balle qu’elle avait indirectement causée venait de se réveiller. Mais pas question de ralentir, et encore moins de le montrer. Il bondit aussitôt sur ses pieds.

Traversée de rivière, parcours dans les arbres, passage entre des cordes armées de clochettes, sauts dans des pneus, récupération de clés dans l’eau,… Et enfin, l’aboutissement : obstacle. Le Marine accéléra encore la cadence. Après tout, il pouvait se le permettre. Ils voyaient déjà le bout de la course. Ouais. Enfin c’était sans compter sur cette idiote de Katina. Elle venait de faire tomber l’une des haies.

- Nan mais c’est pas possible d’être une empotée pareille ?!

Bah ouais, après tout c’était pas comme si sauter était compliqué. Elle avait deux jambes et une belle série de muscles, comme tout le monde. Et aucune déficience motrice, qu’il sache.

- Remets-la, magne !

Ils reprirent leur envolée. Le sprint final, désormais. Encore un peu plus vite. Ils y étaient presque. Vraiment presque. Devant eux s’étalaient la lisière. Ah ! Ils pouvaient enfin discerner Standel. Il n’y avait personne d’autre. Sans aucun doute, ils étaient premiers. Et trois, deux, un ! Terminé ! L’assistante enregistra leur score, les félicita brièvement. De toute évidence, elle était surprise. Il y avait de quoi. Alisa détacha le lien infernal qui les unissait et son acolyte, armé d’un sourire triomphant, se saisit aussitôt d’un verre d’eau qu’il s’empressa de vider, sans s’arrêter de marcher pour que se régule son rythme cardiaque. Il ferma les yeux. Une seconde, deux seconde. Ouch. Il porta une main à son abdomen, lança un bref regard à son bras gauche. Il crevait de mal. Qu’importe. Il avait déjà fait deux semaines de convalescence, il n’avait certainement rien aggravé. Il rouvrit les yeux. Son rythme cardiaque battait à cent à l’heure dans sa poitrine. Il adorait ça.

Après avoir rempli une seconde fois son gobelet, il se tourna vers la Rouge qui n’était pas tout à fait rouge (sauf de couleur, peut-être). Son état était déplorable. Ses cheveux n’étaient plus qu’à moitié noués et sa peau comme ses vêtements étaient noirs de poussière et de boue, perlées d’eau et de transpiration. Sans parler des égratignures et des capillaires explosés qui coloraient son épiderme. Oh, il ne devait pas avoir meilleure mine (enfin si, un peu quand même), mais à la voir ainsi, il ne put réprimer un sourire amusé.

- Pas mal, ta nouvelle coupe.

Sourire amusé qui se métamorphosa en sourire sincère. Il lui tendit la main, la serra.

- Bien joué, Katina.

Oui, là il était content, et satisfait d’avoir gagné. Donc d’humeur correcte.
Il leva les yeux au ciel.

- Je m’attendais pas à c’que tu tiennes encore sur tes pattes.

Enfin, plus ou moins correcte.
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MessageSujet: Re: Kalinka [Raphaël dit "Joseph"]   Kalinka [Raphaël dit "Joseph"] Icon_minitimeDim 13 Nov - 14:52

ROUGE. Notre foulard était -oserai-je dire fatalement ?- rouge. Si je croyais au destin, j'aurais dit que nous étions damnés. Destinés à ce que nos chemins soient éternellement liés et ce, jusqu'en enfer. Mais, ne croyant pas en toutes ces choses stupides et dénuées de raisonnement, je dirais plutôt que nous avions une poisse pas possible et que c'était notre fête.
Cet abruti qui m'a traitée de "rouge" est à présent physiquement lié à moi par un foulard rouge qu'il serre doublement.


«Crois-moi, ce sera nécessaire.»

De rouge, il va me faire tourner violette en coupant ma circulation sanguine. Bordel !

«J’espère que t’es pas asthmatique. J’compte bien gagner.»

Asthmatique ? Non, je suis assez nulle en sport comme ça, ça ira. Tu comptes gagner ? T'es mal tombé, mon pauvre, si on gagne, ce sera uniquement grâce à toi, moi je suis une merde. Le seul sport que je pratique, c'est le footing à petites foulées le matin. Il va falloir que je m'y remette d'ailleurs. Ça fait genre, deux ans que je n'ai pas couru.

«Bien. Je peux avoir votre attention encore un moment, s’il-vous plait ?»

Ce n'est pas comme si on avait vraiment le choix.

«Chaque groupe a reçu une boussole, un plan des bois, bien entendu, et un carton qui vous donne l’ordre dans lequel vous devez vous rendez aux « bornes-activités » numérotées. Evidemment, cet ordre varie pour chacun d’entre vous afin que nul ne se retrouve bloqué par d’autres. A chaque borne, vous aurez également accès à un point d’eau pour vous déshydrater. C’est ici-même, auprès de mademoiselle Standel, que vous devrez annoncer votre arrivée. Mettez-vous en ligne. On commence dans cinq… quatre… trois… Deux… Un… TOP !

Sans plus attendre, Raphaël s'élançait, m'obligeant à suivre son rythme et me tendant le carton des bornes que je pris alors.

- Tiens, garde ça.

Bordel, il court vite ce con. Je suis pas habituée, j'ai un point de côté à la dixième minute. Quoi ? Deux minutes ? J'en sais rien, j'ai aucune conscience du temps là, ça s'accélère, j'ai du mal à suivre mais cet enfoiré ne ralentira pas. Je manque plusieurs fois de tomber, je me prends des branches dans la gueule et lui il continue comme s'il faisait des pas chassés. Je le verrai bien avec un tutu, tiens.
J'étais rouge, au sens propre, rouge tellement j'étais essoufflée.
On arriva finalement à des tunnels. Il fallait ramper, c'était évident. Pas de problème, ça nous ferait une pause, ce serait moins éprouvant que de courir.


«Va falloir qu’tu fasses une croix sur ton hygiène pour cette fois-ci, princesse.»

«Ça me va, je crains pas la boue.»

«Faut qu’on avance au même rythme. Ok ?»

«Ouais, ouais...»

«Ouais mais genre plus vite que ça ! Allez. Ta main droite, puis la gauche avec la mienne, tes pieds comme appui, c’pas compliqué quand même !»

«Oh, c'est bon, calmes toi un peu Joseph ! Tu crois vraiment que les autres vont nous rattraper avec le sprint que tu t'es tapé depuis le début ? T'as quand même remarqué que je suis pas aussi endurante que toi, bordel ! je souffle un coup, pas encore remise de la course Relâches un peu la pression, s'il te plaît, moi non plus ça me fait pas plaisir d'être en équipe avec toi depuis ce matin. Encore moins dans ces matières là !»

Malgré ce que je disais, je faisais le plus d'efforts possibles pour ne pas le ralentir. J'ai jamais aimé être un fardeau pour les autres, même ceux que je méprise. Gauche. Droite. Gauche. Droite. Putain, le rythme de ce mec, il se croit à l'armée ou il a vraiment besoin de se sentir supérieur aux autres ? Les deux ? Ouais, sûrement les deux.

On finit par sortir des tunnels, enfin. Parce qu'à chaque tunnel, à chaque qu'il s'élançait, je tombais, ma poitrine dans le choc me faisait très mal.

On arrive à la dernière borne, on doit sauter au dessus d'obstacles, j'en renverse un au passage, tant pis, personne ne nous voit de toute façon. Joseph est désespéré. Nous finissons sur un sprint de Joseph, toujours aussi speed et déterminé, j'admire au moins sa volonté de fer. Le seul truc que je ne trouverais pas agaçant si cela ne consistait pas à m'achever. Lorsqu'on arrive mademoiselle Standel nous félicite, apparemment surprise par tant de rapidité. Et moi, je ne prête pas attention à quoique ce soit autour de nous, et me précipite sur le foulard rouge pour le dénouer.

LIBÉRATION !

Fini le lien rouge !
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MessageSujet: Re: Kalinka [Raphaël dit "Joseph"]   Kalinka [Raphaël dit "Joseph"] Icon_minitimeDim 13 Nov - 3:02

S’il y avait sur terre quelque chose de plus insupportable encore que de travailler avec la rouge qu’il s’était tapée au matin, c’était d’ouvrir les yeux, à l’aube, une chanson ancrée dans le crane. Oh, et pas n’importe quelle chanson ! Un petit air entrainant, presque innocent. Paroles mignonnes, subtilités masquées. Alors, candide, on se mettait à le fredonner. Et puis… l’enfer, et impossible de revenir en arrière. Véritable parasite, la mélodie s’accrochait à votre mémoire, telle la galle sous la peau de ses victimes. Et plus on tentait de se révolter, plus elle se faisait persistante. Oui, un petit air entrainant, qui commençait un peu comme ça : « Kaliiiinka, kaliiinka, ka… ».

NON ! STOP ! Surtout, ne plus y penser !

Le pied de Raphaël Farès percuta brutalement un caillou qui se trouvait sur son passage. Il serra la mâchoire, poussa un bref soupir. Saloperies de baies, saloperies de framboises. Connard de sapin ! Dans le fond, ce n’était pas étonnant qu’il s’agisse d’un chant traditionnel russe. C’était du véritable conditionnement, un lavage de cerveau, presque, cette petite imbécilité.

Son sac sur l’épaule, l’Américain regagnait d’un pas décidé le gymnase. Le cours de philosophie était enfin achevé ; les choses sérieuses allaient pouvoir commencer. Cela faisait bien trop longtemps qu’il était resté inactif. Si, si. Une semaine, c’était énorme pour quelqu’un qui avait l’habitude de se dépenser intensivement chaque jour. Enfin, il pourrait se défouler et passer ses nerfs. Et s’entrainer, bien sûr. Il ne pouvait rien laisser au hasard. Anéantir sa force physique à cause de cette tâcha à la con, ce n’était pas concevable. D’un geste adroit, il ouvrit la porte du vestiaire des garçons. Ces deux heures étaient pour lui.

« V sadu yagoda maliinka, ma… ».

Il secoua brusquement la tête.
Pas d’histoire de fruits rouges, on avait dit !

Le garçon enfila rapidement son uniforme, chaussa ses chaussures de sport. Beaucoup moins classe et confortable que ceux qu’il portait à l’armée. Qu’importe, il ferait avec. S’adapter, ça faisait partie du jeu. Il redressa la tête, parcourut la petite salle du regard. De toute évidence, il venait de remporter le record de vitesse. Les autres étaient encore à moitié en tenues civiles. Qu’importe aussi. Il n’était pas encore d’humeur à nouer des liens avec des enfants, et ces enfants n’étaient pas prêts à nouer des liens avec un gars flanqué de l’étiquette « gamin de quinze ans qui n’a rien à foutre en Senior Year ». Boh. Il leur prouverait qu’il valait plus qu’eux, physique juvénile ou non.

Le patriote pénétra dans le gymnase qui ne tarda à se remplir. Il remarqua la blondasse, l’ignora superbement. Elle aussi, et tout était parfait ainsi. Le professeur fit l’appel. Une liste presque interminable. Puis enfin :

- Raphaël Farès ?
- Présent.

Voilà. Il n’était plus obligé d’écouter désormais. « Akh, sosyenushka ty zyel… ». En fait si, il ferait mieux d’écouter. Au bout de plusieurs minutes, la liste s’acheva (après une courte interruption à cause de Madame Alisa –puisqu’il s’agissait apparemment de son prénom, évidemment). Donc, les règles. Une course d’orientation, apparemment. Passable. En équipe. Moins passable. Enfin, là il se démerderait pour se retrouver avec quelqu’un d’autre que la Mistinguett du matin.

- Pour ne pas créer d'inégalités, je vais me charger de faire les équipes moi-même et ce seront des équipes de deux.

Oh, et bien question réglée. Statistiquement, il n’y avait strictement aucune chance pour qu’il se retrouve avec…

- Raphaël, tu vas te mettre avec la nouvelle. Alisa.

QUOI ?!
Non, non. Il avait du rêver. Il ne pouvait pas avoir autant la poisse. C’était impossible. Complètement impossible ! Et il n’était pas question qu’il fasse équipe en sport avec cette fille ! En sport, quoi ! Il l’aurait même subit dans chacune des autres branches s’il l’avait fallu, mais pitié pas là. Il serra les dents, fusilla le professeur du regard. Katina, quant à elle, protesta. Vainement, malheureusement. Il la vit s’approcher, le symbole de leur désespoir lové entre ses mains. Un foulard. Et…

BORDEL ! Un foulard rouge ! Alors là c’était la totale. Son karma n’était jamais tombé aussi bas. Oh, en temps normal il n’y aurait pas prêté attention, mais là, avec elle, c’était totalement différent. Tout était différent. Elle accrocha le morceau de tissu à leurs poignets. Ironie du sort, de les voir ainsi unis par la couleur associée à l’URSS et son armée. Elle tirait la gueule. Lui aussi. Son nœud terminé, le garçon ramena leurs bras vers lui, serra deux fois plus fort, armé de ses dents.

- Crois-moi, ce sera nécessaire. grommela-t-il.

Salope.
Il n’était pas question qu’il la perde en route, et encore moins qu’elle le ralentisse. Il la dévisagea un court instant, tandis que l’enseignant distribuait les autres foulards. C’était… démoralisant. Cette fille n’avait pas l’allure d’une sportive. En réalité, elle en était presque l’antipode. Bon, ok, elle n’était pas obèse. En fait, elle avait juste les formes où il le fallait, mais c’était actuellement bien le problème. Il devinait sous son short des jambes trop peu musclées et sous sa carrure une puissance trop relative. Elle avait une poitrine assez forte, ce qui dans le domaine, se résumait au terme « handicap ». Heureusement, elle ne portait pas de lunettes. Du moins, pas qu’il sache.

- J’espère que t’es pas asthmatique. fit-il remarquer en ronchonnant alors que le dirigeant les entrainait vers la sortie. J’compte bien gagner.

Ou : « ralentis-moi et je te défonce. Je n’aurais aucun scrupule à te trainer dans la boue si tu tiens plus sur tes jambes. »

Le reste du trajet qui les séparait de la lisière des bois se passa dans un silence absolu. Ils n’avaient déjà plus rien à se dire. Le garçon en profitait pour faire quelques échauffements rudimentaires pour éviter les claquages. La fille ? Elle faisait comme elle voulait, ça le regardait pas. Et il ne s’arrêterait pas pour une vulgaire douleur.

- Bien. Je peux avoir votre attention encore un moment, s’il-vous plait ?

Les élèves se turent, s’arrêtèrent et fixèrent l’adulte.

- Chaque groupe a reçu une boussole, un plan des bois, bien entendu, et un carton qui vous donne l’ordre dans lequel vous devez vous rendez aux « bornes-activités » numérotées. Evidemment, cet ordre varie pour chacun d’entre vous afin que nul ne se retrouve bloqué par d’autres. A chaque borne, vous aurez également accès à un point d’eau pour vous déshydrater. C’est ici-même, auprès de mademoiselle Standel, que vous devrez annoncer votre arrivée. Mettez-vous en ligne. On commence dans cinq… quatre… trois…

Les doigts de Raphaël se refermèrent fermement autour du poignet de son acolyte (il n’allait tout de même pas lui tenir la main).

- Deux…

Il se fléchit en avant, prêt à bondir.

- Un…

Il prit une profonde inspiration.

- TOP !

Le soldat s’élança aussitôt à toutes jambes dans la forêt, entrainant avec puissance la Russe vers l’avant. De concert, il lui tendit le carton des bornes qu’il avait déjà analysé avec le plan pendant le discours du professeur.

- Tiens, garde ça.

La troisième borne était la première sur la liste. De toute évidence, elle n’était pas bien loin. Il zieuta la boussole. Légèrement au Sud-Est. Il ne leur restait plus qu’à continuer tout droit. A priori, pas de ruisseau en vie. Il accéléra la cadence, tirant encore un peu plus le poids qui trainaillait trop à son goût. Son rythme était rapide. Excessivement rapide. Il le savait… et il en abusait. En temps normal, il n’aurait jamais commencé une course d’endurance à cette allure. C’était contraire aux lois d’économie d’énergie. Seulement voilà. Il voulait emmerder cette fille. Un tronc sur le passage. Il bondit plutôt que de sagement l’éviter, par respect pour sa coéquipière. Il l’entrainait dans une course effrontée, résultat de longues années d’exercice intensif. Une course rythmée par ses jambes de soldat accompli, par son souffle de lieutenant colonel, par sa volonté de fer propre aux membres du corps des Marines, par l’expérience d’un homme qui avait déjà vécu la guerre et ses frayeurs. Une course démesurée pour quiconque était étranger à tout cela. Il entendait derrière lui les pas de la femme s’ébranler sous sa vitesse. Elle trébuchait, se redressait, raclait la terre de près, prise au piège par le lien solide qui les unissait, et par ses doigts fermement ancrés à son poignet. Mais aussi brusquement qu’il avait lancé la cadence, il pila net.

Ils venaient d’arriver à la troisième borne.

Sans jeter un regard à sa coéquipière qu’il savait essoufflée, l’Américain s’avança en trottinant jusqu’à l’assistant qui leur donnerait les consignes de leur première épreuve. Face à eux, une espèce de tunnel fait de bois et de tissu et des obstacles. Il allait parler, mais le but du jeu n’était pas bien dur à deviner. Son idée fut d’ailleurs vite confirmée : passer sous les tunnels et au-dessus des obstacles. Quand on était sous les tunnels, il ne fallait en aucun cas toucher le tissu, sous peine de se voir ajouté du temps au score final. D’un signe bref, le garçon acquiesça. Enfin, il accorda de l’attention à sa partenaire :

- Va falloir qu’tu fasses une croix sur ton hygiène pour cette fois-ci, princesse.

Sarcasme, comme toujours.
Il n’attendit pas sa réponse, se jeta aussitôt sous le premier tunnel, ventre totalement plaqué contre la boue. Il tourna la tête, planta ses yeux marrons dans ceux de la demoiselle, la tira légèrement en avant.

- Faut qu’on avance au même rythme. Ok ?

Quarante centimètres de franchis. Soupir.

- Ouais mais genre plus vite que ça ! Allez. Ta main droite, puis la gauche avec la mienne, tes pieds comme appui, c’pas compliqué quand même !

[Juste : Raphaël est nouveau aussi, mais pas grave^^
Et j’espère que ça t’ira pour répondre, c’est dur de laisser de l’ouverture dans ce genre de sujets en fait x)]
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MessageSujet: Kalinka [Raphaël dit "Joseph"]   Kalinka [Raphaël dit "Joseph"] Icon_minitimeDim 13 Nov - 0:41


Kalinka !

Kalinka [Raphaël dit "Joseph"] 179816lechoeurdelarmeer



Les cours qui s'enchaînent, c'est un peu comme une danse. Une folle danse.
Un peu comme Kalinka, ça démarre tout doucement, ça démarre et hop, ça s'enchaîne, le rythme s'accélère et tu peux plus l'arrêter.
Premier jour, tu galères à chercher ta première salle de cours, t'es mal réveillée, tu trouves ta salle par hasard, le cours commence. Philo. Travail de groupe. Un connard. Une embrouille. Ka lin ka ka lin... Changement de place. Re-connard. La prof à la con. Points en moins. Ka ka lin ka moya...
Premier cours fini, on attaque le deuxième. Quand je vous dis qu'on ne peut plus l'arrêter.
Ka lin ka ka lin ka ka lin ka moya !

On arrive tous au gymnase, les filles et les garçons vont dans leurs vestiaires respectifs. On se change, aucune fille ne m'a encore adressé la parole depuis le début des cours, moi non plus. Bref. Vivent les rentrées de début d'année...

On quitte nos vestiaires et le professeur fait l'appel.

...Les noms défilent, ces noms inconnus...


«...Raphaël Farès ?»

Ouais, ce petit con est présent, malheureusement.

«... Nicole Nakajima ? Personne n'a vu Nicole ? Ça fait longtemps qu'elle est dans cette classe ? Personne ne sait ? Bon tant pis.»

En voilà une qui a saisi toute l'inutilité de l'acte de présence... Bon, d'un côté, elle n'a pas tort, elle ne loupe rien en cette matinée mais, pour une fois qu'il y avait une autre nouvelle -d'après ce que j'ai pu comprendre- je me serais sentie moins seule...

«...Alisa Skinner-Katina ?»

«Oui.»

«On peut t'appeler par un seul de tes noms ? Skinner ou Katina ?»

Bonne question, tiens. Tu me demandes de choisir entre mon père et ma mère, ahah. Comme le juge lors du divorce "tu préfères vivre avec ton papa ou ta maman ?". Et toi, tu préfères la peste ou le choléra ? Non, je ne suis pas franchement de bonne humeur ou de bonne foi, ce matin, je le reconnais.

«Comme vous voulez, je n'ai pas de préférence, monsieur.»

«Ok, alors ce sera Skinner. Bon, les enfants, ce matin, on va faire des courses d'orientation en équipes !»

Non mais c'est pas vrai ! Ils se sont donnés le mot ce matin ou quoi ?

«Pour ne pas créer d'inégalités, je vais me charger de faire les équipes moi-même et ce seront des équipes de deux.»

La course des noms commença, le professeur les nommant à haute voix, les camarades se rejoignaient au fur et à mesure jusqu'à ce que j'entende...

«Raphaël, tu vas te mettre avec la nouvelle. Alisa.»

«Monsieur, vous pouvez pas me mettre avec quelqu'un d'autre s'il vous plaît ?»

«Un problème avec mes équipes, mademoiselle Skinner ?

«Raphaël et moi ne pouvons pas travailler ensemble, monsieur. Vous pourrez demander la confirmation de notre prof de philo.»

«Oh, c'est mignon, on a un nouveau couple dans la classe. Allez, pas d'histoire dès le premier jour, mademoiselle Skinner ! Prenez ce foulard et attachez le à vos poignets.»

Ce connard me tendait un foulard rouge que je prenais en soupirant et attachait à nos poignets. Raphaël était aussi enchanté que moi. Et cette phrase agaçante "gnagnagna nouveau couple gnagnagna". Je t'en foutrais moi du "mignon" dans la gueule, sale beauf au bide gras pleins d'hamburgers graisseux.
C'est ça notre prof de sport, sérieusement ?
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